
Il y a une dizaine de jours nous sommes allés visiter Matera (en Basilicata), la ville des Sassi. En deux mots, il s’agit d’une ville dont le centre historique est constitué de maisons abritées dans des grottes. En gros, les premiers habitants ont trouvé une coline perforée d’une multitude de cavités naturelles qui devaient leur sembler hospitalières et il nont rien du faire d’autre que construire une façade pour fermer leur ‘maisonettes’ naturelles. Dit comme ça ça a l’air bete mais la visite vaut le coup, l’endroit est suggestif et rustique, classé au patrimoine unesco et devenu entretemps set pour de nombreux films, un des derniers en date est Passion of Christ de Mel Gibson.
Mais revenons-en plutot à nos moutons, ou plutot aux aspects gastronomiques de ma petite excursion. Ci-dessous, à droite, détail d’une cave à vin. Je vous rappelle qu’il s’agit pratiquement de maisons rupestres, sans sanitaires etc, et j’ai trouvé extraordinaire le fait que, malgé ces conditions de vie précaires et pas franchement luxueuses, ces gens trouvent le moyen de penser au vin, et de s’organiser parfaitement un endroit fonctionnel pour la production et le stockage. Ce qu’on voit donc ce sont les cuves, aménagées dans les caves, où l’on pressait le raison - avec les pieds s’il vous plait! Le vin s’écoulait pas un pertuis aménagé dans le bas de la cuve.


Ci-dessus à gauche, un simpatique petit bonhomme appellé il monacello, c’est aussi un porte bonheur reproduit à usage des touristes. La croyance populaire voulait que ces petits démons passaient la nuit dans l’étable (qui faisait aussi fonction d’habitation pour les hommes et vice versa) et s’amusait à ébouriffer les crins des anes. Et donc, au petit matin quand l’habitant se réveillait et trouvait la queue de l’ane pleine de brins de paille et de noeuds, c’était en quelque sorte la preuve que le petit esprit était passé par là pour le narguer. Pour s’octroyer les bonnes graces du monacello e ainsi faire fortune il aurait fallu le surprendre de nuit et lui enlever son chapeau. L’ennui c’est évidemment que personne n’y est jamais parvenu. Mais c’est une croyance sympa quand meme


Visite d’une maison typique, telle quelle comme à l’époque où elle était habitée (par una famille de 11 personne, plus l’ane, un cochon et quelques poules, tout ça dans 20 mètres carrés et après on se plaint de son deux-pièces trop étroit
A gauche le lit avec matelas bourré de feuilles de mais, avec pot de nuit accessoire… A droite la cuisine équipée de l’époque… (j’me voyais déjà, faire des macarons….). Toujours dans ce studio il y avait une espèce d’armoire divisée en deux quyi servait à stoquer le grain, moitié pour les hommes et moitié pour les animaux. Enfin, pour tout service un énorme plat de céramique dans lequel toute la famille se servait directement avec les mains (beh au moins comme ça y’a pas trois tonnes de vaisselle! )

Et ça là c’est quoi donc?? C’est que quand on est pas riches faut etre malins: comme il n’y avait qu’un seul four pour tout le quartier et que les ménagères portaient à cuire le pain une fois par semaine, pour reconnaitre la miche de la famille et ne pas se creper le chignon avec la voisine, chacun avait sa marque de fabrique, son étiquette quoi. Et cette petite chose-ci servait donc à imprimer dans la pate la ‘patte’ de la cuisinière et ramener à la maison son pain à soi.

Si on a mangé à Matera? Mais oui bien sur… sauf que j’ai un peu omis de faire des photos… En basilicata on aime beaucoup les pates maison, sans oeufs, genre cavatelli ou orecchiette (les pouilles ne sont pas très loin), garnis de tomates, roquette et ricotta dure. Autre héritage des Pouilles, la purée de fèves à la chicorée. C’est donc ce qu’on a mangé, après un copieux antipasto d’aubergines à l’huile, courgette frites, petits oignons sauvages à l’aigre et quelques tranches de saucisson du terroir… :-p